1564 - Guilhem Hortal revient du Béarn où la reine de Navarre a proclamé la liberté de conscience dans ses États. L'édit d'Amboise réglemente le culte réformé. Le concile de Trente, concile oecuménique réuni en 1545 pour opérer la grande réforme catholique, est achevé en 1563.
Le bruit mat d'un coup de mousquet traversa l'air glacé puis son écho s'éloigna, se perdit sous la mousse grise des forêts aux arbres nus. Guilhem Hortal arrêta son cheval près d'un bosquet de chênes verts, il observa la petite ville d'Issigeac serrée dans ses murailles que dépassaient deux tours et plusieurs clochers. Le froid exceptionnel de ce mois de janvier 1564 purifiait l'air de toute humidité. Sous le soleil la ville paraissait finement dessinée, de même les peupliers dépouillés dans les vallées aux ombres mauves, bien tranchées sur le sol gelé. Le cavalier immobile était aux aguets. C'était un homme jeune, de haute taille, revêtu d'un grand manteau brun sombre sous lequel il portait un habit d'épais drap de laine noir. On voyait ses longues jambes bottées. Son visage au nez busqué, aux yeux plus longs que grands, aux prunelles claires, exprimait la vigilance en alerte. Sous son habit il protégeait sa poitrine par une cotte de maille, un pistolet était glissé dans sa ceinture, un autre se trouvait en réserve dans ses fontes. L'édit d'Amboise avait arrêté la première guerre de Religion, depuis un an. Il réglementait les modalités du culte réformé. Il déplaisait profondément à tous les protestants.