Extrait
Il y a longtemps que je voulais parler. J'ai décidé de ne dire plus rien sinon avec la voix de Racine. Je n'ai pas de voix à moi pour parler de moi. Et j'ignore jusqu'aux lieux qui pourraient me cacher de mon amour. Au début, non, je ne crie pas. J'appelle doucement. Je promets de ne pas crier. Même mort. Est-ce que j'ai peur ? Je n'en peux plus d'avoir envie d'avoir peur. De cette peur faite d'envie que mon amour m'a fait connaître. Mon amour est comme deux épaules éteintes trempées de folie, de violence ou de larmes, ou de sueur comme on veut. De cette sueur magique qui a coulé de lui sur moi. De mon amour j'ai perdu la mémoire sans savoir si mon coeur s'accordait avec le sien. J'ai appris avec mon amour la patience des choses. Tant qu'un reste de sang coulera dans mes veines, je serai choses posées dans la vie très peu observées si peu sollicitées. Puis la mort emportera le reste de patience avec la vie et les mots que je n'aurai jamais dits. Après la mort que sera mon amour. Quelque chose de moi privé à jamais de sépulture.