À travers ce tome 2 de la Trilogie des funérailles, Angélica Liddell continue à explorer l’idée de la mort. Alors que dans Vaudou, elle célébrait ses propres funérailles, dans Dämon, ce sont celles d’Ingmar Bergman qu’Angélica Liddell honore, prenant au mot le cinéaste suédois, qui en avait écrit lui-même le scénario. Dans cette pièce emplie de démons, rêves et fantômes, on voit un Bergman qui aspire, dans ses derniers jours, à une mort douce, tout en regardant les funérailles du pape Jean-Paul II en direct à la télévision ; ou encore un Bergman qui commande pour son propre enterrement une boîte en bois exactement comme celle utilisée pour le Saint-Père. Le Songe de Strindberg, une des pièces qu’il a mises en scène à plusieurs reprises, y est à nouveau jouée. Avec Dämon, Angélica Liddell nous invite à contempler nos fantasmes enfouis et nos terreurs inavouées, jusqu’à nous confronter au dernier démon qui n’est pas la Mort mais la Vanité.
4e de couverture :
« Et nous voilà en train d’essayer de réparer l’irréparable, à propos de l’amour, de la mort, de la peur et de l’art. Comment allons-nous faire avec la haine refoulée ? À qui était destiné l’amour de ceux qui ne nous aimaient pas ? Serons-nous à nouveau capables d’aimer quelqu’un profondément ? Nous faut-il aimer quelqu’un d’autre pour ne pas nous haïr nous-mêmes à ce point ? Combien êtes-vous là, assis à côté de la personne que vous allez trahir ? Pourquoi le temps est-il si court et le désir si grand ? »
Avec Dämon, Angélica Liddell nous invite à contempler nos fantasmes enfouis et nos terreurs inavouées jusqu’à nous confronter au dernier démon qui n’est pas la Mort mais la Vanité.
Notes Biographiques :
En 1993, Angélica Liddell fonde à Madrid la compagnie Atra Bilis. Atra bilis, une expression latine que la médecine antique utilisait pour qualifier l’humeur épaisse et noire qu’elle pensait être la cause de la mélancolie. Un nom comme un programme décliné dans une vingtaine de pièces écrites par cette artiste, auteure, metteure en scène et interprète de ses propres créations. Ses mots, d’une poésie crue et violente, sont ceux de la souffrance intime et collective, l’une et l’autre étant indissociables chez Angélica Liddell. Mais ne lui parlez pas d’engagement : elle préfère se définir comme une « résistante civile », guidée par la compassion, l’art de partager la souffrance. En écrivant sa douleur intime, elle écrit celle des autres. Et parce qu’elle affirme ne pas se considérer comme un écrivain, ou parce que les mots ne sont pas toujours à la hauteur de l’horreur, la scène est le lieu idéal pour lui donner corps. Un corps parfois soumis à rude épreuve, malmené, violenté, tourmenté jusque dans sa chair. Née en 1970, Christilla Vasserot est traductrice et maître de conférences au département d’Études ibériques et latino-américaines de l’université Sorbonne Nouvelle-Paris 3. Après une thèse de doctorat sur le théâtre cubain contemporain, elle a consacré une grande partie de ses recherches aux dramaturgies contemporaines d’Amérique latine. Elle a traduit de nombreuses pièces de théâtre et des romans d’auteurs espagnols et latino-américains (Martín Solares, Rodrigo García, Angélica Liddell, Carlos Marquerie, Homero Aridjis, Virgilio Piñera, Vérónica Vega, etc.). Elle est également coordinatrice du comité hispanique de la Maison Antoine Vitez, centre international de la traduction théâtrale.