« Au lieu de démembrer des enfants, j'écris », telle est la phrase qu'Angélica Liddell utilise pour présenter son nouveau texte. Une véritable déclaration d'intention qui exprime parfaitement la vision terrible du monde que cette artiste a eu au cours de sa carrière. Vaudou est une pièce qui raconte l'histoire d'un pacte avec le diable. L'astéroïde 3318 Blixen a été découvert le 23 avril 1985 à l'observatoire de Brorfelde au Danemark. Il a été nommé ainsi en hommage à la baronne Karen Blixen, plus connue sous son pseudonyme d'écrivain Isak Dinesen. Karen Blixen a promis son âme au diable et en retour le diable lui a promis que tout ce qu'elle vivrait et expérimenterait à partir de ce moment-là deviendrait une histoire. Dans cette pièce, Angélica Liddell explore le pouvoir de la vengeance et des rituels à travers une poésie tragique : un itinéraire fatal vers ses propres funérailles… « Mes vengeances sont des rites, des sacrifices esthétiques sur l’autel de l’incompréhensible. L’écriture peut être immorale parce qu’elle a la même influence que les rêves. Rien de ce que je dis ne me réparera à part le rite. Quand le mal se traduit en esthétique, le mal réel disparaît en même temps qu’il nous complète. » Angélica Liddell
4e de couverture :
Je peux vous confier également, sans trémolo ni tralala, que ce qui me manque aussi, c’est de ne plus embrasser quelqu’un sur la bouche. Et, surtout, de ne plus sentir qu’on manque à quelqu’un, que quelqu’un tient à nous, qu’on existe aux yeux de quelqu’un. Et je pense que ça sera comme ça jusqu’à la fin de mes jours. Voilà vous savez tout, on m’a dit de faire court.
Faire face au vieillissement, c’est aussi affronter d’une part le regard social et d’autre part observer son corps usé qui altère jour après jour l’autonomie. Et pourtant, l’amour demeure. Et plus encore, le désir qui s’accompagne d’une sexualité revisitée. Il est donc question, à travers des rencontres retranscrites avec nos vieilles et nos vieux, de savoir comment se vit l’amour et comment on fait encore l’amour
Notes Biographiques :
En 1993, Angélica Liddell fonde à Madrid la compagnie Atra Bilis. Atra bilis, une expression latine que la médecine antique utilisait pour qualifier l’humeur épaisse et noire qu’elle pensait être la cause de la mélancolie. Un nom comme un programme décliné dans une vingtaine de pièces écrites par cette artiste, auteure, metteure en scène et interprète de ses propres créations. Ses mots, d’une poésie crue et violente, sont ceux de la souffrance intimeet collective, l’une et l’autre étant indissociables chez Angélica Liddell. Mais ne lui parlez pas d’engagement : elle préfère se définir comme une « résistante civile », guidée par la compassion, l’art de partager la souffrance. En écrivant sa douleur intime, elle écrit celle des autres. Et parce qu’elle affirme ne pas se considérer comme un écrivain, ou parce que les mots ne sont pas toujours à la hauteur de l’horreur, la scène est le lieu idéal pour lui donner corps. Un corps parfois soumis à rude épreuve, malmené, violenté, tourmenté jusque dans sa chair. Christilla Vasserot est maître de conférences à l’Université Sorbonne Nouvelle. Elle a consacré une grande partie de ses recherches au théâtre latino-américain contemporain. Elle traduit du théâtre, des romans et des bandes dessinées, d’auteurs espagnols et latino-américains. Elle est également coordinatrice du comité hispanique de la Maison Antoine Vitez (centre international de la traduction théâtrale). Chez Les Solitaires Intempestifs, elle est notamment la traductrice d’Angélica Liddell et de Rodrigo García.