Je demande à en finir avec la vie est l'oeuvre d'une "suicidaire sans suicide", comme se définit cette artiste majeure de la scène européenne. Le manifeste d'une femme qui ne voit pas la fin de l'existence humaine comme une tragédie mais comme une libération. Une suite de demandes, outrées, exaltées, toujours indisciplinées, visant à élargir le domaine étriqué du réel. Si on dit que ni le soleil ni la mort ne peuvent se regarder fixement, Angélica Liddell va justement là où personne ne se risque, et cette longue adresse poétique a vocation à regarder la mort en face, jusqu'à se délester des peurs qui nous empêchent de désirer et de vivre pleinement. Une prière laïque qu'elle dédie à l'écrivain japonais Yukio Mishima, en revenant sur le cheminement de cet "artiste absolu" qui mit fin à ses jours publiquement. Une parole d'une puissance et d'une sincérité rares. Une ode à la vie dans ce qu'elle a de plus tragique et de plus sublime.