La joie est au désir ce que la vérité est à la raison : une nécessité et une exigence. En la plaçant au centre de sa réflexion, Nicolas Go ne fuit pas les tourments du monde, pour une quête irénique de bonheur. Bien au contraire puisque la joie assume à la fois la finitude de l'homme, la barbarie et le mal, dressant devant les déchaînements de la violence sa puissance silencieuse, rappelant la perfection dont l'homme est capable. C'est que la joie est liberté et sagesse, rire aussi. Surtout, elle se conçoit et se pratique dans le présent. L'auteur n'en fait pas une nouvelle morale, ni une énième académie philosophique. Il la voit plutôt comme une résonance, une éthique, la source toute création - sans en conclure pour autant que toute oeuvre d'art se doit d'être joyeuse. On est donc ici, loin de tout repli nihiliste, de tout quiétisme égoïste, de toute lamentation impuissante, mais sur une authentique voie d'humanité. Un essai méditatif tissé de sensibilité qui sort des sentiers battus. Une proposition qui fait se rejoindre l'art et la philosophie sur le terrain de la sagesse, car comme le dit volontiers Nicolas Go, la sagesse est fille de joie.