Dans son roman le plus ouvertement autobiographique, Bove transpose de façon saisissante les épisodes les plus ambigus de son histoire familiale. Jean-Noël Oetlinger se trouve écartelé entre une mère naturelle qu'il renie et dont il a honte, et une belle-mère inaccessible, à qui il demande précisément ce qu'elle ne peut lui donner. Si la mésalliance sociale semble être le sujet de cette "éducation sentimentale", l'habileté du romancier consiste à nous abuser sur l'ambiguïté affective avec une intuition freudienne étonnante.