"Les enfants turbulents relèvent-ils de la médecine ?", "Sont-ils au bord de la délinquance ?". Ces interrogations relevées récemment dans une presse réputée sérieuse sont les frappants indices du désarroi actuel. L'enfant est une obsession et un danger. Il fait peur. Comment l'éduquer ? Que faire de "notre" enfance, de nos "jeunes", telle est, aujourd'hui, la question, le refrain lancinant de sociétés déboussolées. La boussole, peut-être est-ce Fourier qui nous la tend. Il nous dessille les yeux avec sa verve et un incomparable humour. Ce n'est pas l'enfant qui est malade ou coupable, mais une société qui ne sait, depuis des siècles, ni le comprendre ni le guider. Or, il n'est que d'en appeler à ses impulsions, à ses passions, mais en les insérant dans un dispositif capable de les utiliser, de les guider en les faisant servir au bien de tous. Un dispositif harmonique et non contradictoire et conflictuel comme le sont le système scolaire ou celui, tout aussi nocif, de la famille. L'éducation harmonienne, celle qui répond à toutes les attractions passionnelles de chacun et les rend compatibles entre elles, est l'exact contre-pied de nos postulats éducatifs. Ni pères ni maîtres sera sa formule ; le recours aux capacités de chacun son moyen. On se plaint de la violence. Mais "Il n'y a qu'à convertir la violence en émulation et en enthousiasme". N'y a qu'à, Niaka. Certes, il est facile de brocarder, mais la pensée forte résiste à la dérision. Tous les textes de cette édition sont des inédits, tirés d'une édition de 1832 compilée par La Phalange.