Balzac à Java !?!... ou plutôt le récit imaginaire de l'auteur d'Eugénie Grandet en Asie. Spécialisées dans les parutions souvent originales, les Éditions du Pacifique ont eu la bonne idée de ressortir ce texte peu connu de 1832. Cet ouvrage littéraire assez court (55 pages) débute par une préface qui resitue le contexte dans lequel a été rédigé ce livre ; suit le récit de Balzac et une postface expliquant l'origine de ses sources d'inspiration. Le style rapide et joyeux communie avec le lecteur. Les descriptions détaillées fourmillent d'imagination ! Balzac fabule sur les femmes, les risques dans ce pays, les paysages, les rapports humains... Ça ne tient pas toujours debout mais ça fait rêver ! On entend le chant du bengali, sent les fleurs du volcameria, on goûte le thé narcotique, on s'émerveille devant la beauté des Javanaises ou du l'ubas, l'arbre à volcan. Le narrateur enchaîne les expériences qu'il compare avec des exemples de chez nous, ce qui rend ce carnet de voyage plus crédible et réaliste, proche du lecteur, tout en conservant une touche exotique telle une grande exploration scientifique. De drôles de généralités se succèdent sur la vie, la mort, les coutumes sur place, et chaque rencontre est une histoire : des singes à Toango, le vieux Malais, ou du prêtre crocodile aux "bizons" et l'enfant. Des pages d'illustrations d'époque de grande qualité (gravures et photos noir et blanc) permettent de visualiser ce monde lointain et de mieux comprendre d'où vient l'inspiration de l'auteur. On apprend très vite que ce voyage n'a jamais eu lieu, et que Balzac a brodé tout ça depuis les récits de ses amis... Nos yeux restent tout de même grand ouverts d'une ligne à l'autre, tout semble magique là-bas, et à l'écouter, Java, c'est le paradis sur terre ! --Florent Lamontagne