On parle des "longueurs célestes" de Beethoven, de même on pourrait parler des "lenteurs célestes" d'Adalbert Stifter. Considéré comme l'un des plus grands prosateurs de langue allemande, l'écrivain autrichien Adalbert Stifter (1805 - 1868) fut aussi un célèbre peintre de paysages et un pédagogue professionnel. Toute son œuvre a pour cadre les Alpes, ses neiges éternelles et ses vallées frappées par la foudre, qui enseignent à l'homme la modestie de sa place dans l'univers en même temps qu'elles le persuadent de son appartenance à un ordre supérieur. Ordre auquel le mène, outre la contemplation esthétique, la Nüchternheit (la sobriété) qui n'est pas sans rappeler le comportement des adeptes de la philosophie zen.