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LA NAISSANCE DE L'INDUSTRIE A PARIS

Code EAN13: 9782876734593

Auteur : GUILLERME ANDRE

Éditeur : CHAMP VALLON


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Pour devenir capitale industrielle de l'Europe continentale, Paris développe entre 1780 et 1830 deux révolutions techniques. La première, biochimique, se déploie grâce à l'humidité ambiante et à la fermentation des matières organiques qui imbibent le sous-sol et la nappe phréatique : la capitale est la principale productrice de salpêtre et assure ainsi près du tiers des besoins en poudre. Peaux, graisses, os, sang, grains, chiffons, poils, verre, ferraille, cendres, ces matières brutes sont collectées, triées et transformées en atelier pour devenir des matières premières de haute valeur travaillées par le corroyeur, le hongroyeur, le chandelier, l'amidonnier ou le boyaudier, le fondeur, l'étameur, le plombier. Parallèlement à cette révolution artisanale qui tire parti d'un milieu particulièrement riche, une révolution chimique s'enclenche à l'initiative de l'Etat et des scientifiques qui s'impliquent pour rendre le royaume, la république, l'empire, moins dépendants des importations de soude, d'acide, de céruse, de cuivre, de fonte, d'or. Les manufactures prolifèrent dans les faubourgs proches, Grenelle, Vaugirard, La Gare, et aux portes Saint-Martin, Saint-Denis, Temple, Saint-Antoine, permettant l'apparition de nouveaux métiers comme celui de blanchisseur, cérusier, raffineur, laveur de cendres - et de nouveaux produits - colle forte, bleu de Prusse, noir animal, platine, zinc, eau de Javel, soude - qui font du département de la Seine la première technopole. Enfin, dans les années 1820, la mécanique se déploie, comme en Grande-Bretagne. L'atmosphère séquanaise évolue dangereusement. La nappe souterraine est très saline. L'air devient nauséeux. Aux pollutions organiques dégagées par l'artisanat et la putréfaction de matières résiduaires - boues, eaux usées - s'ajoutent les pollutions minérales provenant de l'industrie consommatrice de houille, de la métallurgie et de l'orfèvrerie qui diluent des vapeurs chargées de métaux, de la chapellerie qui exhale du mercure. Les hôpitaux sont débordés ; les citadins rentiers se plaignent ; des épidémies couvent, malgré les mesures prises par la préfecture de Police pour enrailler les maux du progrès. Ambiance noire que quelques lumières éclairent avec peine. Cette histoire de l'industrialisation de la capitale française qui étudie les techniques dans leur milieu saisit avec précision et beaucoup de vie l'ambiance ouvrière des arts industriels, en décapant une époque et une économie qu'on croyait bien connaître. ANDRE GUILLERME est titulaire de la chaire d'histoire des techniques au Conservatoire national des arts et métiers. Il y dirige le Centre d'histoire des techniques et de l'environnement (CDHTE), laboratoire de recherche commun au CNAM et à l'EHESS.
  • EAN
    9782876734593
  • Auteur
  • Éditeur
    CHAMP VALLON
  • Collection
    MILIEUX
  • Genre
    Arts, société & sciences humaines - Histoire
  • Date de parution
    21/02/2007
  • Support
    Broché
  • Description du format
    Version Papier
  • Poids
    614 g
  • Hauteur
    210 mm
  • Largeur
    158 mm
  • Épaisseur
    29 mm
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