La neige, accumulée dans les sillons comme dans les rainures des toits de tôle ondulée ou entre les traverses, à l'affût du moindre angle mort ; constrastant avec la blancheur mate des champs, le mauve des coteaux, la surface plombée des canaux pleins à ras bord et tronçons de routes souvent bordés de deux rangées d'arbres effilés, et les éclaboussures du gui dans les branches sous un ciel givrant de fin février. A quoi bon décrire ? Pour nommer. Et si, décrivant, c'est l'abandonnement de ces paysages de l'Est, de cette campagne balafrée par une industrie tout juste abolie qui semble prendre toute la place, la faute n'en est peut-être pas seulement au paysage.