Suite de la remise au jour en collection " Libretto " des principaux romans d'André Dhôtel (après Lumineux rentre chez lui, Un jour viendra, Ma chère âme, Pays natal). Nous sommes dans la Grèce des années 20, où Dhôtel a passé plusieurs années d' " exil " qu'il devrait qualifier plus tard d'inoubliables. Iannis Klonaridis a trop aimé les libres heures de son enfance et de son adolescence à Nauplie, au bord de la mer. Heures vouées à l'aventure, à l'amitié, aux premières amours. L'âge adulte sera pour lui celui des déconvenues, de quelques drames même ; jusqu'à ce que, rejeté loin des siens, il choisisse de s'exiler dans la plus miséreuse des îles, où il ne tarde pas à trouver sa place parmi quelques déclassés pittoresques de l'endroit. Mais même en ce lieu oublié, les mauvais démons d'hier finissent par le rattraper. Sa tragédie, des plus modestes, est certes loin d'avoir les prestiges qu'on est en droit d'attendre du premier roman venu. Mais il arrive que la vie la mieux déshéritée nous découvre des échappées que ne signale aucun livre et qui mènent, sans qu'on y ait songé, à la porte du mystère le plus poignant : cette insistance de la beauté auprès de nous quand tout espoir semble avoir déserté les lieux du monde. L'un des plus mystérieux parmi les romans de Dhôtel (1949) - et le plus grand sans doute de ceux que lui aura inspirés la Grèce.