Trieste, 1944. Boris Pahor, engagé dans la lutte contre le nazisme, est livré aux Allemands par les fascistes slovènes et envoyé dans les camps de la mort. L'écrivain raconte ici la période précédant sa déportation. Un cauchemar que l'auteur fait vivre à son double, Radko Suban, héros de ses précédents récits. Mais ce beau roman, écrit avec une remarquable sobriété, est aussi celui de la découverte, grisante et difficile, du monde, de l'amitié, de l'amour. Le garçon, pauvre, plutôt gauche, quitte le séminaire et tombe amoureux de Miya, une jeune femme de la bourgeoisie triestine. Un choc des cultures et une parenthèse sensuelle, une bouffée d'air tiède qui éloigne les amants des réalités de la guerre. Chez Pahor, l'amour comme l'écriture sont les exorcismes qui permettent de surmonter l'absurdité du monde. Et sa cruauté. --Danielle Schramm