Le propos de ce nouveau recueil s’inscrit dans cette tension entre l’aspiration à la source et l’exaltation du monde : «Si tout le rayonnement du monde sort de la nuit, cet or des créatures prend sa source dans l’ombre, d’où émane pourtant une mystérieuse lueur. Mais les moindres miettes de vie ne subsistent que dans un clair-obscur, tournées vers ce soleil qui les aveugle en même temps qu’il les attire.» La signification du titre est donc double, marquée à la fois de la nostalgie de l’Unique et par le sentiment obscur de la perfection de toutes choses : «La peine ombre de l’or, murmure ainsi la polysémie des mots du poème, conduisant le poète, même à son insu, vers la paix nombre de l’or, dont le Chiffre réconcilie toutes les contradictions.» C’est de l’un à l’autre de ces deux pôles que s’établit le parcours de ce recueil, dont la construction rigoureuse fait écho à l’élégance tendue de chacun des poèmes.