Toulouse, juin 2000. Jéromine Gartner, biologiste de trente- cinq ans, n'ayant pas donné signe de vie à sa voisine Germaine Jourda, celle-ci alerte la police. Le capitaine Félix Dutrey qui a hérité de l'appel, inspecte l'appartement de la jeune femme et découvre celle-ci morte étranglée. Après avoir établi qu'elle avait fait l'amour peu avant de mourir, le légiste découvre dans sa gorge sept grains de riz et sept fragments d'un métal argenté. Malgré ces singuliers détails, l'enquête s'avère difficile. Madame Jourda sait simplement que sa voisine faisait souvent la fête avec une bande de gens sympathiques. Aux serres municipales où Jéromine travaillait à la culture des violettes, le policier sympathise avec Élisa qui lui fournit d'autres détails. Sa collègue voyait régulièrement Cédric, un architecte toulousain. Elle fréquentait aussi Marthe qui possède une maison au cŒur du marais charentais. Armé de ces maigres indices, Félix Dutrey va reconstituer le puzzle dans lequel Jéromine avait imbriqué sa vie.
Grand Prix de littérature policière avec Du bruit sous le silence, Pascal Dessaint signe un récit où l'écologie tient une place essentielle. Mais son ouvrage est bien plus qu'un "thriller écologique" car au-delà des idéologies, il y a ces humains névrosés et empêtrés dans leurs mensonges dont, fidèle à ses précédents ouvrages, il raconte les relations compliquées. Mais il se risque aussi à un savant numéro d'équilibriste en utilisant quatre voix narratives pour animer un récit qui se déroule à Toulouse bien sûr, mais également dans les Charentes, en Indonésie et aux Philippines. Subtilement construit, un peu à la manière d'une poupée gigogne, ce livre accumule les réflexions sur le devenir incertain de l'homme, jusqu'à un dénouement brutal mais qui génère un peu d'espoir. --Claude Mesplède