Le volume formé par les trente-deux nouvelles de ce livre, qui comprennent tout le cycle de Pat Hobby, représente plus qu'une collection de nouvelles éparses. Car si ses nombreux épisodes furent à l'origine publiés séparément, Fitzgerald commença à les concevoir, après la publication de la troisième nouvelle, comme une entité collective. Presque chaque fois qu'il en écrivait une, il remettait en question l'ordre de leur publication, et aussi longtemps qu'il vécut, il continua à les réviser. Certaines furent ainsi révisées jusqu'à quatre fois. Dans plusieurs cas, les révisions furent entreprises à cause de l'interdépendance des différentes parties, car Fitzgerald tenait à cerner de façon précise le personnage de Pat Hobby dans l'ensemble de ses nouvelles. Autoportrait sarcastique et tendre à la fois d'un scénariste confronté au réalisme brutal des nababs de Hollywood, les Histoires de Pat Hobby forment le livre dont rêvait Raymond Chandler lorsqu'il disait que la Mecque du cinéma ferait "un grand sujet de roman - sans doute le plus grand qui reste". Ces nouvelles nous rappellent, selon le mot de Bernard Frank, que "Fitzgerald avait compris quelque chose de très calé et de très simple : que la vie, c'est-à-dire la fête, était aux mains des riches". Mais aussi, que ce "fou de Fitzgerald se ruina en essayant de créer une compagnie qui concurrencerait celle des riches. Les riches sans les riches. Ce genre d'exercice ne pardonne pas. Il mourut à quarante-quatre ans, complètement épuisé."