Que se passe-t-il entre la prose et les vers lorsque les poètes réactivent leurs différences, prospectent leur altérité réciproque? Comment, en se scindant, la poésie explore-t-elle ses limites ou étend-elle son champ? Que peut nous faire connaître la prose quand elle se retourne sur les vers, qu'elle met en doute ou au contraire découvre leur pouvoir de véracité? Comment la vie du poète prend-elle forme dans ces retours en lesquels l'oeuvre s'invente en se reprenant? Diversement, les oeuvres de Ponge, Jaccottet, Roubaud et Deguy répondent à ces questions qu'elles soulèvent. En chacune, l'enjeu est éthique; chacune prend la mesure d'une vie particulière à l'aune de celles d'autrui et du temps présent.