Ce volume rassemble l'essentiel des travaux décisifs d'Olivier Wieviorka sur l'histoire de la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale.
Longtemps, l'analyse historique de la Résistance s'est heurtée à plusieurs obstacles de taille. Les " années sombres " de la Seconde Guerre mondiale, encore toutes fraîches dans la mémoire collective, offraient un bloc compact, soumis à des lectures passionnées et contradictoires. Leur étude ne s'est d'abord appuyée que sur la seule exploitation de la presse et des témoignages oraux – souvent recueillis par d'anciens résistants. Les enjeux mémoriels encombraient le travail de ces premiers historiens de diverses considérations politiques, incarnées par la rivalité entre les gestes gaullienne et communiste. Il a donc fallu attendre les années 1980-1990 pour que, à la faveur de l'ouverture des archives, de l'effacement des grands récits, mais aussi de la disparition progressive des actrices et acteurs les plus directs, une nouvelle génération de chercheurs, née après la guerre, puisse s'emparer de la période.
En son sein, Olivier Wieviorka fait figure de pionnier. Les deux synthèses magistrales réunies ici, rigoureuses, accessibles et vivantes, constituent l'aboutissement de son travail. Elles ont profondément renouvelé notre connaissance de l'armée des ombres, en mobilisant des sources inédites, en unissant des approches multiples – politique, économique, sociologique, diplomatique, mémorielle, etc. –, en adoptant une perspective transnationale... Elles sont utilement complétées par une dizaine d'articles plus ciblés : grandes figures (Moulin, Malraux), événements majeurs (la libération de Paris), notions centrales (le héros, l'engagement, la guerre civile). Ce volume, introduit et présenté par l'auteur, offre ainsi une somme sans équivalent qui montre, s'il en était besoin, que la Résistance n'a rien à
craindre à devenir un objet d'histoire.