"On ne parlait jamais de mère dans la maison de Pete et comme j'étais loin de me douter de la nécessité d'une telle créature, elle ne me manquait pas le moins du monde. J'étais entièrement satisfait par ma nourrice Aviaja, une délicieuse vieille femme eskimo que les hommes firent venir à la maison peu après ma naissance. Ce fut seulement vers l'âge de dix ans, après avoir ressenti pendant un certain temps quelque chose de nouveau et de très doux au-dessous de la ceinture, que je commençai à réfléchir aux mystères de la conception. Un soir, j'allai donc trouver l'oncle Sam pour satisfaire ma curiosité..." Dans ce premier volume de la trilogie, Jørn Riel évoque l'enfance d'un garçon nommé Agojaracq, en compagnie duquel on découvre l'extraordinaire société des Eskimos. Né d'une femme au coeur très chaud, le petit Agojaracq grandit auprès de ses deux pères, de ses trois oncles et de sa nourrice eskimo, la vieille Aviaja, recueillie sur la glace un jour où, assise sur une peau, elle attendait la mort.