Dix ans après la mort de sa fille, drame qu'il a raconté dans deux romans, L'Enfant éternel (prix Femina du premier roman 1997) et Toute la nuit, Philippe Forest revient à nouveau sur ce sujet en évacuant, cette fois, la forme romanesque. Il reste en effet peu de chose d'un roman quand le temps a passé. Mais le chagrin de la perte, l'effarement devant la vérité, demeurent et exigent sans répit d'être pensés. Les mythologies mensongères du cancer, le prétendu travail de deuil et l'interdit de la mort, le recours à la religion, la sentimentalité carnassière avec laquelle la société considère la souffrance des enfants, voilà les questions qu'aborde cet essai, interrogeant jusqu'aux vertus supposées thérapeutiques de la littérature, et la consolidation qu'elle est censée apporter.