« Ma mère n'était pas censée posséder de l'argent, elle n'allait pas chez le coiffeur ni au hammam, et encore moins aux mariages, mon père lui interdisait tout. ». Naguère, cette femme incarnait pourtant le réveil des femmes algériennes et leur engagement décisif dans la bataille contre l'occupant français. Résistante dans l'âme, celle qu'on appelait la Jeanne d'Arc des djebbels a vu ses illusions s'envoler avec l'indépendance. On lui avait promis l'instruction ainsi qu'une société débarrassée de ses chaînes, elle ne connaîtra qu'une alternance de grossesses, de fausses couches, de coïts forcés et de menaces de répudiation. Tous ses espoirs, sa furieuse énergie de combattante, elle les projette aujourd'hui sur sa fille, qui subit à son tour la tyrannie du père. Mais la fille est-elle prête à recevoir un tel héritage ? Pourquoi n'est-elle pas à la hauteur des idéaux de sa mère ? Pourquoi le feu engendre-t-il la cendre ? Dans une langue inquiète et virevoltante, insaisissable, la jeune fille livre le récit glaçant de son anéantissement sous le poids de l'autorité paternelle d'une part et de l'incontrôlable souffrance maternelle d'autre part... En quelques mots Un été dans les années 70, dans une famille algérienne, une violence refoulée depuis trop longtemps explose enfin : la haine des femmes, transmise ici de mère en fille...