Dans un hôpital militaire, à la fin de la Première Guerre mondiale, seul Andreas se montre satisfait de son sort. Il a perdu une jambe, il a reçu une décoration. L'un compense l'autre. Il vit en harmonie avec Dieu, le pouvoir, les hommes. Il obtient une licence pour exploiter un orgue de Barbarie dans les rues et les cours. Le hasard met sur son chemin une veuve accorte. Andreas se juge comblé par le destin. Nous faisons alors connaissance avec le sieur Arnold, passementier de son état, qui, éconduit par sa secrétaire, s'en prend à son époque décadente et insulte l'invalide dans un tramway. Tandis qu'on donne raison au "beau monsieur", l'altercation dégénère. Elle provoque la perte d'Andreas, qui mourra brisé par l'ingratitude de la société, en rébellion contre Dieu et les hommes. Ecrit en 1924 avec un parti pris de naïveté et une étonnante sobriété de moyens, ce deuxième roman de Joseph Roth, à travers son humble personnage qui résume toute la misère du monde, possède la vigueur et le charme d'une ballade populaire.