Une méditation sur le Japon, à partir de la connaissance intime qu'a l'auteur du cinéma en général , du cinéma japonais en particulier, et des lieux du Japon qu'il a maintes fois arpentés et photographiés. Ouvrage relié (impression en foulage thermique), imprimé en deux couleurs sur Vergé 120 gr.
4e de couverture :
Le cinéma fascine l’auteur dès son enfance dans la Tunis des années cinquante où il découvre la porte monumentale de Rashomon, le film de Kurosawa. À quoi ouvrirait la porte d’entrée qu’est le cinéma, sinon à des interrogations aussi déroutantes que le film lui-même ? Celles-ci mènent l’auteur de Tunis à Paris, en Nouvelle-Calédonie, au Japon enfin, étrange et secret, à la poursuite de ce visage que le cinéma cherche dans les choses du monde. « Vous dites que vous ne comprenez rien à ce scénario, mais c’est le cœur humain lui-même qui reste incompréhensible », disait Kurosawa à ses collaborateurs. On arpente les images des lieux et les lieux des images dans les pas de Giacometti peignant le visage de Yanaihara, dans ceux d’Ozu rédigeant ses Carnets au plus près du rien qui l’attire : « Une notation peut paraître banale, en première lecture. Mais elle est reprise plus loin, répétée comme un rituel (“riz avec saumon au thé vert”) ; elle rebondit, caillou lancé sur l’eau, creuse son sillon. Parfois, s’enfonce très profond. Le texte, alors, écrit son auteur plutôt qu’il n’est écrit par lui. » Le Japon est le modèle de l’archipel des images. Ce n’est pas l’auteur qu’on y retrouve mais, par lui qui s’efface, d’autres auteurs, des lieux, des secrets, une douceur suspensive et rêveuse où s’étire l’ombre des questions.
Table des matières :
Table des matières Le blunt 7 « Interminablement, la pluie… » 9 I. Une approche, en archipel Giacometti et le visage de Yanaihara 17 Shohei Imamura dans la « demi-lune » 27 Le partage des mots 35 L’appel des noms 39 Chien d’aveugle 47 Flottement de la langue 53 II. L’éclat du quotidien Le salut, le regard 59 La petite fille aux chaussures rouges 61 S’orienter 65 Tokyo – Kyoto, 2017 69 Remonter la Sumida 71 Faire revenir le jour 77 Printemps et cerisiers 93 Le jardin-miroir et le carré découpé 97 III. Vers un espace cosmique Sommeil/Éveil 105 Les pas japonais 107 L’onnagata Tamasaburô Bandô 119 La chapelle du vent 129 La danse d’Ame-no-Uzume-no-mikoto 133 Tokyo – Ginza Six 147 Le rire des « huit millions de Kami » 151
Notice biographique :
Pierre Jacerme est né Alger en 1938. Il vit en Algérie et en Tunisie jusqu’en 1957. Études d’italien et d’anglais. Normalien de Saint-Cloud en 1960, il est agrégé de philosophie en 1964, discipline qu’il enseigne d’abord au lycée La Pérouse à Nouméa, puis au lycée Louis-le-Grand à partir de 1971 ; en 1978, il est nommé en khâgne au lycée Henri IV à Paris, poste qu’il occupera jusqu’en 1998. De 1966 à 1970, il fait de nombreux voyages en zone Pacifique et en Asie. Il reçoit en 1972 le Prix Kodak du public pour des photos réalisées en Inde, tout en s’intéressant de très près au cinéma. À partir de 1970, il fait de fréquents voyages au Japon. On lui doit notamment une édition commentée du Discours de la méthode de Descartes (Pocket, 1990 et 2005) et une Introduction à la philosophie occidentale. Héraclite, Parménide, Platon, Descartes (Pocket, 2008 et 2015 ; trad. italienne).