Les Murs suit implacablement une femme dans son quotidien. On la découvre
mère, quand l’enfant se réveille le matin, et qu’elle doit l’aider à se
préparer pour l’école ; on la découvre épouse, quand elle éprouve le besoin
de poser sa tête sur l’épaule de son mari absent ; on la découvre surtout
démunie sans bien saisir pourquoi.
L’histoire se déroule, intranquille et inquiétante, au fur et à mesure que
surgissent, au détour d’une phrase, d’un paragraphe, les indices d’un
malaise aussi oppressant qu’incompréhensible. Se lever, s’habiller, aller
faire les courses, chercher l’enfant à la sortie de l’école, affronter le regard
embarrassé des autres, empressés et maladroits ; un calvaire empoissé de
peur et d’abattement, que cette femme, ce matin-là, est bien décidée à
combattre.
Progressivement, au prix d’effroyables efforts pour se maintenir dans un
semblant de normalité, elle va reconquérir le terrain vague d’une vie en
perdition, d’une vie à reconstruire. Et sa voix, jusqu’alors bâillonnée par
les murs invisibles érigés par l’angoisse, la douleur, le désarroi, se fera enfin
entendre pour raconter son histoire.