Une fillette quitte la campagne pour un port détruit par la guerre, un "quartier chinois". Parmi les maisons croulantes, les gosses pouilleux voleurs de charbon ou les "putes à Yankee", elle affronte la vie, passe du statut de l'enfance à celui de femme. Dans "La Cour de l'enfance", une autre fillette est ébranlée par l'absence du père, parti à la guerre. La mère, serveuse, ne revient pas chez elle tous les soirs, ou rentre ivre, le grand frère se réfugie dans la violence, un bébé contre toute attente survit... La sensibilité d'OH Jung-hi s'exprime toujours de façon très subtile et pudique, et dote ses personnages d'une grâce qui fait glisser sur eux le malheur ambiant.