Antoine Barnave a été la première idole de la Révolution française. Avant Mirabeau, Danton ou Robespierre, il concentra dans sa personne les aspirations au changement d’une France en pleine ébullition. C’est à la reconstitution de cette vie brève, hors norme et décisive que se livre ici Jean-Philippe Rey. S’étant précocement engagé contre l’autorité absolue du roi, d’abord aux côtés des parlements puis dans la défense des droits du tiers état, c’est parmi les premiers Jacobins qu’il émerge au sein des états généraux. De gauche, mais royaliste, il s’impose comme une des voix les plus écoutées de l’Assemblée nationale constituante. Il met son sens politique au service de convictions affirmées : la Révolution doit accoucher d’une monarchie constitutionnelle, qui organiserait la séparation des pouvoirs et accompagnerait le nouvel ordre social. Alors que l’Assemblée est sur le point de doter le royaume d’une constitution selon ses vœux, les événements de Varennes (juin 1791) accélèrent le cours de la Révolution. Devenu moins influent à l’Assemblée, il choisit de conseiller en secret la reine Marie-Antoinette. Un choix qui lui sera fatal après la chute de la monarchie. La jeune République le condamne à comparaître devant le tribunal révolutionnaire. Qui le condamne à mort en 1793.