À la suite d'une maladie dégénérative et d'une greffe du coeur, Constant Spina devient une personne handicapée et voit profondément transformé son rapport au corps et au monde. Par les cicatrices, il interroge ce que le handicap et la vulnérabilité font à nos corps, à nos relations et à nos manières de faire société. Si la vulnérabilité est souvent racontée comme une expérience universelle, elle ne se vit pas de la même façon selon la classe, la race et le genre. La vulnérabilité est plus ou moins prise en charge en fonction d'une ressemblance à ce que la classe hégémonique considère être la norme, considère être l'humain. Face à ce constat et à la perspective d'un monde toujours plus marqué par les génocides, les catastrophes sociales, les extinctions d'espèces et les syndémies, Constant Spina interroge les impensés de la gauche radicale et rappelle l'urgence de structurer nos luttes autour d'une "démocratie du soin". En réinscrivant les politiques du corps dans les conditions matérielles de l'existence, en faisant du soin, de l'interdépendance, du travail, du logement, des revenus ou encore de l'accès