Cristobal Romero Caparros, mon grand-père, est le premier migrant de la famille. Ses combats pour nourrir les siens le mènent en Algérie après être revenu d'Argentine, puis en France. La Seconde Guerre mondiale n'épargne pas trois de ses fils. Sa fille Francisca, son époux Juan Jodar, et leurs enfants filent vers une Espagne qui se reconstruit sous la dure botte de Franco. Arrêté pour dissidence à Port-Vendres par les hommes du gouvernement de Vichy, Juan Jodar est envoyé dans un camp disciplinaire enclavé au nord du Maroc. Ce périple espagnol de six ans pour mes parents, Juan Jodar et Francisca, est une atteinte à l'humanité ! Il me paraît juste et nécessaire de poser une fois pour toutes cette somme de souffrances et de difficultés afin que personne ne les porte plus. Les souvenirs tirés de ma mémoire et les anecdotes glanées ici et là ont rejoint leur place dans l'Histoire. C'est enfin un hommage rendu à ma maman et un plaidoyer en faveur du courage et de l'espérance : jalons indispensables dans tout chemin de vie !