La caravane suivit sans encombre les côtes tunisiennes et libyennes En 704 (au début du mois d'avril 1326), nous étions arrivés aux portes d'Alexandrie. Entre-temps, je m'étais marié, puis avais répudié ma femme, pour en épouser une autre. Quel beau pays puissant et prospère que l'Égypte des sultans mamelouks! Je ne tardai pas à rencontrer le sultan Nacir. Je fus impressionné par l'efficacité de la remarquable organisation administrative de son pays: ainsi des pigeons voyageurs assuraient-ils les liaisons entre les villes. Au Caire, j'admirai la magnifique mosquée d'Ibn Tûlûn, construite entièrement en briques. Je m'émerveillai devant celle d'Al-Azhar, édifiée par les Fatimides, l'une des plus célèbres universités islamiques du monde. Â Au sultan du Caire incombait traditionnellement la protection des lieux saints.
Le phare d'Alexandrie, l'une des dernières sept merveilles du monde antique, a été construit vers 297. Pendant sept siècles, il servit à guider les marins arrivant sur les côtes de l'Égypte. En 1323, le phare fut détruit par un tremblement de terre et remplacé par une citadelle afin de protéger la ville des menaces extérieures.
Mosquée Ibn Tûlûn
La mosquée Ibn Tûlûn est la plus ancienne mosquée d'Égypte. Elle fut construite par Ahmad Ibn Tûlûn, gouverneur abbasside d'Égypte, qui régna sur le pays de 868 à 884.
Assouan
Assouan ou Syène est situé en Haute-Égypte, sur la première cataracte du Nil. Depuis des siècles, Assouan représente la frontière entre deux mondes: le monde pharaonique et celui des mystères de l'Afrique.
À Syène, ville de l'ancienne Thébaïde méridionale, dans le Saïd, je vis la première cataracte du Nil. Avec les pèlerins, je m'apprêtais à traverser le désert, qui à cet endroit présente sa bande la plus étroite, afin de gagner le port d'Aïdhab sur la mer Rouge. Mais Allah en avait décidé autrement: un ennemi hostile à l'Égypte s'était attaqué à plusieurs de ses navires, qui avaient été coulés. La route de La Mecque était donc coupée. Lorsque je m'informai de la durée de cette interruption, on me répondit: «Pour plus d'une année!» Comme je ne désirais pas m'attarder à Aïdhab, je changeai mes plans et rebroussai chemin. Grâce à la crue du Nil, je ne mis que huit jours pour retourner au Caire.