Les notions d’identité et de différence recoupent celles de l’un et du
multiple, du même et de l’autre, de l’être et du devenir. La pensée de
Nicolas de Cues les a analysées avec une profondeur inégalée dans une
œuvre qui demeure méconnue et qui est, cependant, d’une actualité
étonnante.
Dans la Docte ignorance, le Cusain enseigne que Dieu est unité,
égalité de l’unité avec l’unité et connexion de l’unité et de l’égalité.
Que serait, en effet, une unité différente de l’unité, une unité qui ne
serait plus une ? Nicolas de Cues répond qu’il ne peut y avoir d’égalité
sans unité. Dans son opuscule De aequalitate, il développera
la thèse qu’il n’y a pas d’unité parfaite sans égalité.
Dès lors, quelle place donner à la différence, s’il ne peut y avoir une
autre unité que l’unité ? Si l'unité se donne à soi dans une répétition
de soi, comment cette répétition peut-elle se distinguer de la
différenciation ?
Telle est la problématique abordée dans les Actes du colloque qui s’est
tenu à Rennes sous la direction de Hervé Pasqua publiés dans notre
collection.