Dans les œuvres de sa maturité, Velázquez est insaisissable. Il est avec Phidias,
de tous les maîtres souverains, celui qui se dérobe le plus complètement dès
qu'on veut définir son œuvre et pénétrer dans son intimité.
Son langage se confond avec celui des phénomènes naturels aussi absolument
qu'il est possible. Quand il s'agit de Velázquez, nous ne retrouvons plus les
points de repère habituels qui nous servent à fixer notre émoi et à caractériser
notre impression. Les notions purement verbales de lignes, de taches, de
volumes où nous allons puiser quand nous voulons définir d'un seul mot le
génie des Florentins, des Vénitiens, des Hollandais, s'effacent et deviennent
confuses dès qu'on cherche à les appliquer à l'œuvre du maître espagnol.