Si les boulangeries d'aujourd'hui vendent encore des «couilles de mammouth», à l'époque, on les payait en francs. En sortant 20 centimes de notre portefeuille à scratch. Et en faisant attention à ne pas laisser s'envoler notre carte de détective Mickey Mystère. Au risque de devoir appeler les Intrépides à l'aide... Nés en 1988, un quart de siècle s'est écoulé depuis notre venue au monde. Et il commence à être urgent de faire les comptes. À base de «Popopopop» et de «Ta mère elle est tellement grosse...», allons batifoler à la bonne franquette, ou plutôt À la bonne fourchette, le restaurant des parents Dubouchon, toujours sur les talons de Tom-Tom et Nana. Et, adulescents que nous sommes, rembobinons une dernière fois, au crayon, la cassette du live d'Henri Dès à l'Olympia. Histoire de chanter avec lui Galipette bobinette. Séquence souvenirs. Biberonnes aux séries télévisées, on a joué sur le premier modèle de la Game Boy, une machine en noir et blanc si énorme qu'elle ne fonctionnait qu'avec quatre piles. On y a tenté la grande traversée en solitaire des briques Tetris. Mission tout aussi importante que celle qui consistait à garder en «vie» son Tamagochi, une petite bestiole sortie d'un oeuf qui couinait pour dire «J'ai faim», «Caca» ou «Je suis mort». Nostalgie garantie. Dans nos premières boums, les filles s'essayaient à des chorés sur le Do Wap des frères Hanson. Quand il fallait venir déguisé, on s'habillait d'un t-shirt jaune en croyant imiter Pikachu, cette créature hybride avec une queue en forme d'éclair. Mais c'est à peine si l'on ressemblait à Petit Poussin, un puceau grinçant à la chemise blonde rencontré dans «Le Groupe», sitcom post-pubère diffusée par la seconde chaîne. Des tétines à «Skins», ce livre dépoussière nos souvenirs. Plongés dedans, il nous faudra prendre garde à ne pas crier «Wazaaaaaa!» au prochain qui a le malheur de nous passer un coup de téléphone.