Alors que depuis plusieurs semaines les inventaires prévus par la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat de décembre 1905 se déroulent dans une agitation croissante, le 6 mars 1906, en l'Eglise de Boeschèpe, au coeur des monts de Flandre, un homme du peuple est tué. Géry Ghysel s'effrondre mortellement atteint par une balle homicide. L'évènement a des répercussions considérables: chute du gouvernement Rouvier, suspension des inventaires... La Flandre catholique se mobilise aux obsèques de celui que Mgr Lobbedey, représentant l'archevêque de Cambrai, définit comme: "un martyr, un héros, un témoin du Christ!" Parce que parmi toutes les "recettes pour la composition d'informations tendancieuses" (Vladimir Volkoff) l'omission pure et simple reste la plus facile à contrer, il convenait en ces temps de mémoire, à l'occasion du centenaire de son sacrifice, de sortir de l'oubli le témoignage sanglant de Géry Ghysel.