Il n est pas indifférent qu un certain nombre de films récents mettent en scène des personnages dont le devenir est étroitement lié à un processus de désertion. A travers les ruptures, les défections, les soustractions de leurs trajectoires, comment ne pas reconnaître la ligne de force d un désir commun? Ce numéro s attache à cerner ce qui constitue l actualité et la singularité de ces figures de désertions, tout autant que leurs enjeux esthétiques, existentiels ou politiques. Ce numéro est aussi l occasion de revenir sur UN HOMME QUI DORT de Georges Perec et Bernard Queysanne, film de 1974, que l on peut considérer comme l un des plus beaux films de l époque sur la question de la désertion. Au sommaire: Retour sur Last Days de Gus Van Sant; The Brown Bunny de Vincent Gallo; Old Joy de Kelly Reichardt; Into the Wild de Sean Penn; No Country for Old Men des frères Coen; Je suis une légende de Francis Lawrence; Charles mort ou vif d Alain Tanner, Confort moderne de Dominique Choisy, Five easy pieces de Bob Rafelson, Théorème de Pier-Paolo Pasolini; La Frontière de l aube et Les Amants réguliers de Philippe Garrel; L homme qui marche d Aurélia Georges