Extrait
1. Laissez-moi mourir
Engourdi. Mon corps transpercé par le vent froid de l'Illinois.
Engourdis. Mon esprit, mon coeur.
En cette fin de journée de janvier, le ciel est sombre. Un brouillard épais et glacial pèse sur la ville. La neige colle par endroit à la poussière, et mon coeur semble aussi mort que le spectacle hivernal qui s'offre à moi. En silence, j'avance d'un pas lent à travers le parc et ajuste mes gants de laine pour lutter contre le froid. J'aimerais tellement être heureuse et avoir une vie un peu plus facile, mais c'est comme si tout ne faisait qu'empirer.
D'un côté, il y a le parc sombre et silencieux. Autrefois pleine de vie et de rires, mon âme lui ressemble aujourd'hui : un terrain de jeux, désert et recouvert de gel, des balançoires immobiles... Dans l'autre direction, les lumières de la ville tentent de percer le brouillard. J'ai l'estomac noué à l'idée de rentrer à la maison. Je ne veux pas affronter mes parents.
Ni ma vie.
Le froid pénètre à travers mon jean et mon manteau alors que je m'assieds sur le siège en bois d'une des balançoires. Les chaînes glacées grincent doucement et je repense aux bons moments que j'ai passés à jouer dans ce parc durant mon enfance, à toutes les belles journées d'autrefois, trop nombreuses pour que je puisse les compter. Maintenant, j'ai 17 ans et tout cela est bien loin.
Pourquoi la vie est-elle si difficile ?
Je fais tourner la balançoire sur elle-même. Au-dessus de ma tête, les chaînes s'entortillent jusqu'au maximum. Puis, je laisse aller. Lentement, mon corps tourne, encore et encore. Si seulement les chaînes invisibles qui enserrent mon coeur se déliaient aussi facilement !
Une voiture passe. Je me raidis. Le parc ferme à la tombée de la nuit. Les policiers patrouillent dans le coin, et s'ils me trouvent, ils me renverront à la maison.
Je ne veux pas rentrer... je ne peux tout simplement pas. Je n'ai jamais traîné dans cet endroit la nuit. Je ne m'y sens pas à l'aise, mais je ne sais pas où aller. J'ai besoin de temps, de temps pour décider quoi faire.
Puis, mon regard est attiré par les rails du train, à l'extrémité du parc. Une des voies est vide, et six wagons se trouvent à l'arrêt sur la deuxième. Je sais que la police ne pourra pas me voir là-bas.
Engourdi. Mon corps transpercé par le vent froid de l'Illinois.
Engourdis. Mon esprit, mon coeur.
En cette fin de journée de janvier, le ciel est sombre. Un brouillard épais et glacial pèse sur la ville. La neige colle par endroit à la poussière, et mon coeur semble aussi mort que le spectacle hivernal qui s'offre à moi. En silence, j'avance d'un pas lent à travers le parc et ajuste mes gants de laine pour lutter contre le froid. J'aimerais tellement être heureuse et avoir une vie un peu plus facile, mais c'est comme si tout ne faisait qu'empirer.
D'un côté, il y a le parc sombre et silencieux. Autrefois pleine de vie et de rires, mon âme lui ressemble aujourd'hui : un terrain de jeux, désert et recouvert de gel, des balançoires immobiles... Dans l'autre direction, les lumières de la ville tentent de percer le brouillard. J'ai l'estomac noué à l'idée de rentrer à la maison. Je ne veux pas affronter mes parents.
Ni ma vie.
Le froid pénètre à travers mon jean et mon manteau alors que je m'assieds sur le siège en bois d'une des balançoires. Les chaînes glacées grincent doucement et je repense aux bons moments que j'ai passés à jouer dans ce parc durant mon enfance, à toutes les belles journées d'autrefois, trop nombreuses pour que je puisse les compter. Maintenant, j'ai 17 ans et tout cela est bien loin.
Pourquoi la vie est-elle si difficile ?
Je fais tourner la balançoire sur elle-même. Au-dessus de ma tête, les chaînes s'entortillent jusqu'au maximum. Puis, je laisse aller. Lentement, mon corps tourne, encore et encore. Si seulement les chaînes invisibles qui enserrent mon coeur se déliaient aussi facilement !
Une voiture passe. Je me raidis. Le parc ferme à la tombée de la nuit. Les policiers patrouillent dans le coin, et s'ils me trouvent, ils me renverront à la maison.
Je ne veux pas rentrer... je ne peux tout simplement pas. Je n'ai jamais traîné dans cet endroit la nuit. Je ne m'y sens pas à l'aise, mais je ne sais pas où aller. J'ai besoin de temps, de temps pour décider quoi faire.
Puis, mon regard est attiré par les rails du train, à l'extrémité du parc. Une des voies est vide, et six wagons se trouvent à l'arrêt sur la deuxième. Je sais que la police ne pourra pas me voir là-bas.