L'Epervier qui danse décrit crûment l'ascension et la chute d'un être sans trop de scrupules, Michal Toporny. Le livre commence par son enterrement. Deux femmes s'observent de loin : ses deux épouses successives qui symbolisent les deux moitiés antinomiques de sa vie. Michal, issu d'une famille très pauvre, a épousé Maria, une paysanne, pour agrandir de sa dot son lopin de terre. Le nouveau système politique avantage les gens issus de classes sociales défavorisées : Michal part à la ville et fait des études d'ingénieur. En ville, il rencontre celle qui sera sa seconde épouse, Wieslawa, issue de la bonne bourgeoisie. Subitement, Maria lui paraît laide, le divorce ne tarde pas à être prononcé et Michal épouse Wieslawa, qui lui donne un fils. Il coupe alors ses liens avec le village, rejette ses origines et finit par être à son tour rejeté de tous : ses collègues, sa seconde épouse qui le quitte pour un homme plus charmant, un vrai citadin. L'Epervier qui danse est construit comme une pièce de musique répétitive et illustre les problèmes d'identité, souvent dramatiques, qu'ont posé aux paysans polonais les bouleversements des campagnes après la Seconde Guerre mondiale. L'image de la campagne comme celle de la ville, l'image de l'avant-guerre comme celle de l'après-guerre sont dures, brutales. En véritable paysan, Julian Kawalec ignore le bucolique.