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AU COEUR DU FRONT DE GAUCHE

Code EAN13: 9782918721185

Auteur : XXX

Éditeur : ARCANE 17


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21 avril 2002 - 22 avril 2012... Dix ans et un jour séparent exactement les premiers tours de ces deux élections présidentielles. Or, cet anniversaire n'est pas seulement celui d'un traumatisme dont l'ombre portée jouera un rôle évident sur le résultat du Front de gauche en 2012. Il est aussi celui d'une décennie riche d'événements dans l'évolution de la gauche. Et, à bien y regarder, je m'aperçois que le récit de mon histoire personnelle du Front de gauche impose de commencer par là...

21 avril 2002. Bureau électoral de la rue Pihet, 11e arrondissement de Paris. Il est 18 heures. J'ai voté ce matin dans cette petite école de quartier où sont inscrits mes enfants. Assesseur, j'y ai passé la journée. La mobilisation n'est pas exceptionnelle, mais les électeurs se succèdent à un rythme régulier. Militant politique et associatif de longue date, je reconnais, parmi eux, parents d'élèves et voisins, amis et camarades politiques.

Pour cette élection, j'ai soutenu activement la candidature de Jean-Pierre Chevènement. Ce choix peut paraître singulier pour l'ancien de la Ligue communiste révolutionnaire que je suis. Il est pourtant ancré dans l'une de mes plus profondes convictions: dans un contexte où le capitalisme impose partout sa doxa libérale, toute occasion doit être saisie pour recomposer la gauche autour du projet de transformation politique et sociale qui lui donne, en théorie, sa raison d'être. Ce projet ayant été progressivement abandonné par le Parti socialiste, il impose l'émergence d'une nouvelle force à gauche. Et j'ai estimé que la candidature Chevènement portait pareille ambition.

J'ai longtemps pensé que la Ligue pouvait être l'un des catalyseurs de cette transformation politique. J'en suis devenu sympathisant en 1981. J'ai 22 ans, je scande, le 10 mai, place de la Bastille, «Nationalisations sous contrôle ouvrier sans rachat ni indemnité». Comment me suis-je retrouvé là? Je suis d'une part un enfant de Mai 68 et un produit des années soixante-dix qui suivront: cela me conduit, comme de très nombreux jeunes, vers la contestation. À partir de ma première manifestation contre la réforme Debré en 1973, je me souviens que, chaque printemps, j'espérais que 68 revienne! Certains d'une révolution imminente, l'engagement, pour nombre d'entre nous, supplantait tout avenir professionnel. Tout lâcher, même ses études, n'était pas si dramatique puisque de toute manière, nous allions changer ce monde. Même si, sans le savoir, nous en étions à la fin, l'essor économique des Trente Glorieuses jouait également dans cette relative insouciance.

Mais il n'y a pas que 68 dans mon engagement. J'ai compris tôt ce que classes sociales veut dire. Si mes parents ont bénéficié de l'ascension sociale permise justement par les Trente Glorieuses, ils sont issus de la classe ouvrière. Mon grand-père maternel est mort - six mois après sa retraite - usé, littéralement empoisonné par une vie entière de travail à l'usine. Ma mère, employée de bureau, parlait souvent de l'injustice sociale qu'elle subissait. Et je n'avais pas forcément besoin qu'elle me le dise pour sentir la pression s'exerçant sur elle. Mon père était ajusteur avant de grimper progressivement les échelons sociaux - il est aujourd'hui orthophoniste - en suivant des cours du soir. Avoir des parents, des grands-parents ouvriers, toucher cette réalité et ses conséquences de près, ancre une conscience de classe. Et je crois très fortement que ces origines sont prégnantes sur plusieurs générations: il y a un atavisme social. Elle est chez moi très profonde.
  • EAN
    9782918721185
  • Auteur
  • Éditeur
    ARCANE 17
  • Genre
    Littérature - Romans
  • Date de parution
    14/09/2012
  • Support
    Broché
  • Description du format
    Version Papier
  • Poids
    380 g
  • Hauteur
    210 mm
  • Largeur
    135 mm
  • Épaisseur
    10 mm
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