Parti pris. Partis prendre, Revenus avec l'essentiel die ce qui fait un certain Burkina, un certain Faso, celui de l'intérieur d'un pays qui n'a pas d'extérieur. Terre sans côte, sans mer, sans un air marin à donner à respirer au pouvoir fragile qu'est cette île à l'envers. L'Occidental arrive ici comme la pluie, depuis le ciel, s'infiltre dans un sol gourmand qui retient ce qu'il peut, puis repart comme II est venu, laissant çà et là quelques traces de son passage.
Ce livre parle du Burkina de Bamadou. Traversée d'un pays à travers une famille. Croisière sans solitaire, tout voile dehors, levant en poupe, de Ouagadougou à Bobo-Dioulasso, d'Est en Ouest, toujours vers le couchant, de merveilleux accueils, de si tendres moments. Comment les remercier? Comment rendre ce qui n'est pas mesurable? Transformer les événements en chapitres, donner des majuscules aux choses, des guillemets aux moments. Ponctuer l'inoubliable. Vouloir placer des virgules, des respirations, des espoirs, refuser de poser un point final à une aventure humaine. La cour de Bamadou. La famille de Bamadou, La sculpture de Bamadou.
Le projet Initial était de montrer le travail de Bamadou Traoré, sculpteur-fondeur éminemment reconnu en son pays, trois fois vainqueur de la Semaine Nationale de la Culture, détenteur de l'Ordre du Mérite des Arts et des Lettres. Exposant tous les ans en France, en Europe, Il rentre ensuite Imprègne d'une culture occidentale qui mélange à la sienne afin de mieux parler de ce qu'il aime: la femme, la mère, la famille, la culture africaine, mais au-delà encore, Bamadou donne une âme essentiellement humaine et universelle à un bronze qui est déjà lui-même un assemblage de matières.
Bienvenue chez Bamadou, dans son pays, dans son Burkina, terre de bronze.