Extrait
Les textes sur les pages de gauche de ce livre ne sont pas des traductions mais des adaptations, parfois très libres. Ne lisant pas le chinois, je suis entièrement redevable de leurs travaux à trois générations d'érudits et de traducteurs. La traduction du Tchouang-Tseu de Burton Watson est celle qui m'a le plus aidé dans mon travail, mais j'ai également étudié les traductions complètes de Victor H. Mair, de Martin Palmer, et de Richard Wilhelm, celles partielles d'A. C. Graham, de Sam Hamill et J. P. Seaton, et de David Hinton, et la version libre de Thomas Merton. Pour le Tchoung Young, je me suis servi des traductions de Ku Hungming, d'Andrew Plaks et d'Ezra Pound.
«Tchouang-tseu est non seulement un philosophe remarquable, dit Octavio Paz, mais c'est également un grand poète.» Bien que le Tchouang-Tseu et le Tchoung Young soient écrits en prose, quarante-neuf de mes textes sont en vers, parce qu'il est devenu très vite évident qu'écrire en vers me permettrait d'employer une langue plus lyrique et épigrammatique. Ma version est particulièrement libre dans ces textes et j'ai parfois augmenté, resserré, paraphrasé, improvisé, changé les images ou infléchi le sens afin de pouvoir créer une musique qui semblait authentique à mon oreille intérieure. Dans les treize textes en prose, je suis resté plus proche de l'original bien que, même dans ces derniers, mes phrases aient vagabondé de temps à autre dans leurs directions propres. (Deux textes en prose - 27 et 31 - sont des variations libres sur les thèmes originaux de Tchouang-tseu.)