J'étais infirmière diplômée, ayant déjà plus de dix ans d'expérience, mais lorsque mon mari médecin osa suggérer pour la première fois que mon fils de 21 mois, Lucas, pouvait être autiste, je fus aussi choquée et en colère que n'importe quel autre parent. Pour être honnête, je n'avais que peu de connaissances sur l'autisme et l'idée que notre aîné puisse être autrement que parfait ne m'avait jamais effleuré l'esprit. Qu'est-ce qui avait bien pu amener mon mari à penser que notre fils était autiste? Il mit en évidence le fait que Lucas regardait trop longtemps la télévision, qu'il ne jouait pas avec des jouets et que, parfois, il semblait perdu dans son monde intérieur. A ce moment là, je ne voulus même pas envisager cette possibilité. J'argumentais en disant que Lucas avait déjà du vocabulaire, une bonne dizaine de mots, ce qui n'était pas anormal pour un enfant de moins de 2 ans, et qu'il était un bébé affectueux et câlin. Pour moi, il ne ressemblait vraiment pas à un jeune autiste, car il ne correspondait pas à l'image que je me faisais de ce syndrome. Il ne se frappait pas la tête, il ne se balançait pas, en bref, il ne faisait rien de ce que je considérais comme typiquement autiste. Ce jour là, je répondis vertement à mon mari qu'il était fou d'avancer cette hypothèse. Je conclus en affirmant que Lucas ne pouvait certainement pas être atteint de ce handicap et que jamais au grand jamais je ne voulais entendre à nouveau ce mot «autisme». J'étais loin de me douter que, en moins d'un an, l'autisme et ses divers traitements viendraient envahir ma vie.