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MACHINE DE GUERRE AMERICAINE (

Code EAN13: 9782917112212

Auteur : XXX

Éditeur : DEMI LUNE


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Extrait de l'introduction

L'Histoire profonde, et la connexion narcotique globale

DEUX CHERCHEURS FACE À UN ÉVÉNEMENT PROFOND

Si, par terrorisme, nous entendons «l'usage de la violence pour intimider», alors l'historien Alfred McCoy et moi-même avons assisté, en septembre 1971, à un événement terroriste de faible intensité en Californie. Résidant à East Palo Alto, un vétéran des Forces spéciales déployées au Vietnam, qui avait été témoin en Asie de chargements d'opium dans les avions d'Air America (la compagnie aérienne de la CIA), nous donna par téléphone son accord pour un entretien. Mais lorsque nous arrivâmes chez lui le lendemain matin, il avait changé d'avis. Nous faisant signe de nous taire, il nous précéda depuis le seuil de sa maison jusqu'à sa voiture de sport, une MG garée en contrebas. Tard dans la nuit, quelqu'un l'avait dissuadé de nous parler en faisant un large trou dans l'acier de sa portière avec ce qui, d'après lui, ne pouvait être qu'un engin explosif sophistiqué - du type de ceux utilisés par son ancienne unité.1

On pourrait penser qu'il est difficile d'oublier un événement aussi marquant et incongru, en particulier parce qu'il avait été clairement provoqué par notre conversation téléphonique. Mais en fait, je l'avais totalement effacé de ma mémoire pendant plus d'une décennie, y compris durant les deux premières années d'une recherche entreprise pour recouvrer de tels souvenirs. Comme je l'avais pressenti avec justesse, Alfred McCoy lui aussi avait oublié cet événement. Dans la préface de l'édition 2003 de sa monumentale étude The Politics of Heroin, un ouvrage de référence, il décrit ainsi cet étrange oubli:

«J'ai atterri à San Francisco pour un séjour avec le poète Peter Dale Scott, professeur à Berkeley. Il me mit en contact avec un ancien Béret Vert revenant tout juste d'opérations clandestines au Laos. Au téléphone, celui-ci m'avait indiqué avoir vu un avion de la CIA transportant de l'opium.
Il acceptait de nous donner un entretien enregistré. Le lendemain matin, nous frappions à sa porte, dans un immeuble d'habitations situé à East Palo Alto. Nous ne sommes jamais entrés chez lui. Il était visiblement bouleversé, disant qu'il "avait reçu le message'. Que s'était-il passé?"Suivez-moi"dit-il, nous dirigeant à travers le parking en direction de sa voiture de sport de marque MG. Il pointa du doigt la portière du côté passager, et il nous parla d'un explosif chimique qui pouvait creuser un trou dans la tôle en la faisant fondre. C'était, selon lui, un signal pour qu'il se taise. J'ai regardé le trou mais je ne peux me souvenir de l'avoir vraiment vu. Le lendemain, j'ai pris l'avion vers Los Angeles, pour rendre visite à ma mère avant de m'envoler pour Saigon, oubliant complètement l'incident.»

M'étant remémoré cet épisode 30 ans plus tard, il me semblait moins surprenant. À l'époque, les États-Unis étaient pris dans la tourmente, et même des activistes anti-guerre non violents comme moi étaient soumis à une surveillance continuelle. Des événements encore plus graves se déroulaient alors. À San Diego, «des miliciens menés par un informateur du FBI ont saccagé l'équipement d'imprimerie d'un journal [anti-guerre], ont lancé une bombe incendiaire sur la voiture de l'un de ses membres et ont failli tuer par balles une autre personne du journal.» A la même époque à Chicago, «Le 113e Groupe des Renseignements militaires [...] a fourni de l'argent, des grenades lacrymogènes, des sprays défensifs MACE et de l'équipement de surveillance électronique aux voyous de la Légion of Justice, dont la Red Squad de Chicago, qui s'est mise à brutaliser les groupes pacifistes locaux.»

Les crimes que je viens d'évoquer - à Palo Alto, à San Diego et à Chicago - sont des exemples de ce que j'avais initialement conçu comme relevant de la «violence de l'État profond», et que je qualifierais à présent de «violence générée par une force profonde» (car provoquée par une source obscure inconnue et/ou illicite). Dans cette perspective conceptuelle, il existe de nombreuses formes de violence non étatique - mais approuvée par l'État - dont les origines sont profondes. Dans la majorité des cas, cette violence illégale résulte d'une tâche assignée par une agence officielle à des bandes organisées agissant hors du cadre légal. Il existe aussi des cas de violence «sous-traitée», lorsque celle-ci n'est pas déléguée à des acteurs non étatiques mais à des agences gouvernementales étrangères."
  • EAN
    9782917112212
  • Auteur
  • Éditeur
    DEMI LUNE
  • Collection
    RESISTANCES
  • Genre
    Islam
  • Date de parution
    31/08/2012
  • Support
    Broché
  • Description du format
    Version Papier
  • Poids
    720 g
  • Hauteur
    230 mm
  • Largeur
    150 mm
  • Épaisseur
    25 mm
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