Une mère vient rendre visite à sa lille qui entretient une relation sexuelle trouble avec un footballeur espagnol déchu, objet de toutes ses curiosités (à la mère). Voilà, sommairement résumé, le noyau actif autour duquel est construite la fable de Mannekijn. Tout triangle peut en cacher un autre. En voici un second, qui structure, à un niveau un peu moins immédiat, un peu reculé, la pièce: le footballeur, du temps de sa splendeur, avait épousé sous l'oeil des médias une ravissante actrice danoise, un mannequin (?) - Mannekijn -, qui le quittera «après avoir subi durant des années coups et blessures», non sans lui avoir donné des enfants. Cela s'appelle la famille. Chez Vossier, c'est toujours assez violent. Où est le triangle? Papa, maman, l'enfant. Dans le cas de la vie passionnelle et passionnée du footballeur, le triangle est estompé, brouillé par la pluralité de ces enfants qui ont fait «exploser le ventre» de l'actrice danoise, pulvérisant le troisième pôle (papa, maman et, en lieu de point, la nébuleuse des enfants), comme pour ne pas donner trop vite, trop clairement, la clé de lecture qui finira malgré tout par s'imposer. Cette clé, c'est un autre triangle primordial qui la donne, plus lointain encore (dans l'épaisseur de la fable), plus enfoui. Si le premier semblait "partir de" la mère, le second du footballeur, le troisième est sous le point de vue de la fille. Elle évoque un souvenir d'enfance. «Tu étais sur le point de m'avouer quelque chose», dit la mère, et la fille, poussée par la mère.