Le grand roman de la guerre civile espagnole par un témoin du camp des vaincus Les héros de Gloire incertaine - combattants, volontaires ou non, sur le front d'Aragon - vivent une situation qui les dépasse et les transforme en pions d'un jeu qu'ils ne maîtrisent pas. Leurs souffrances, leurs doutes, leurs héroïsmes, leurs sacrifices, incarnent « the uncertain glory of an April day » qui donne au livre son titre. Joan Sales ne tombe pas dans le piège du témoignage mélodramatique ni dans l'illusion lyrique dont souffrent la plupart des romans de guerre. Voilà pourquoi la force de Gloire incertaine survit à l'épreuve du temps et pourquoi on peut lire aujourd'hui ce récit avec cette même intensité qui a présidé à son écriture. Juan Goytisolo Joan Sales i Vallès (Barcelone, 1912-1983) était assesseur de catalan au Gouvernement de la Generalitat quand la Guerre d'Espagne éclata en 1936. Après une brève formation à l'École de Guerre, il monta au front de Madrid, puis à celui de l'Aragon. En janvier 1939, il franchit la frontière française avec le grade de commandant de l'armée républicaine et fut interné au camp français de Prats-de-Molló. Son exil de neuf années le fit s'installer successivement à Paris, à Saint-Domingue, puis au Mexique. Il fonda en 1943 la revue Quaderns de l'Exili qui joua un rôle important auprès des intellectuels catalans. À son retour en Catalogne en 1948, il devint un des éditeurs les plus en vue et fonda en 1955 la fameuse collection « Club dels Novel.listes » (« Club des Romanciers ») qui accueillit les meilleures oeuvres du roman catalan de l'après-guerre, comme La plaça del diamant (La Place du diamant) de Mercè Rodoreda, et Bearn (Béarn) de Llorenç Villalonga. Sa propre oeuvre, Incerta glòria (Gloire incertaine), publiée en 1956, réduite par de nombreuses coupes à cause de la censure, reçut le prix Joanot Martorell (1955). D'édition en édition, et chacune recevant d'importants ajouts en fonction de l'évolution de la censure franquiste, la version définitive sortit en 1971. Elle est traduite aujourd'hui par Tinta Blava. Cette oeuvre immense, testimoniale sur la Guerre d'Espagne et philosophique, a beaucoup marqué les esprits en Catalogne. Elle a été traduite en castillan en 2003.