En 1968, Stephen Newman débarque en Angleterre en provenance de la Californie. Renvoyé d'Oxford, il se marie précipitamment avec sa petite amie anglaise Andrea pour éviter de retourner aux Etats-Unis et de risquer l'enrôlement dans l'armée américaine qui s'enlise au Vietnam. Durant les quarante années suivantes, leurs amis et eux gravissent les échelons de la classe moyenne, jusqu'à ce que la crise de la cinquantaine et celle du nouveau siècle les obligent à prendre conscience que leur génération gâtée a toujours vécu dans un paradis de façade. Ce nouveau roman aigre-doux de Linda Grant s'attache à dresser le portrait de la génération des baby-boomers. Idéalistes dans leur jeunesse, éveillés politiquement par les grands conflits du XXe siècle, ils ont bâti des foyers, eu des enfants, atteint la cinquantaine, et voient maintenant leurs propres enfants confrontés à un monde qui semble loin d'être aussi pacifique ou humain que celui qu'ils rêvaient de construire. Ce roman continue de creuser le sillon entamé dans les ouvrages précédents de Linda Grant mais prend une direction plus ambitieuse en s'inscrivant dans l'histoire contemporaine. Situé entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis, il évoque le 11 septembre, les attentats de Londres, la crise financière ou le drame des Balkans. Si on peut au premier abord lire ce roman comme une critique de la génération idéaliste des années 1960, il s'agit aussi et surtout d'une évocation attachante, tendre quoique sans concession d'une génération qui, comme nombre d'entre nous, a fait de son mieux pour tenter de construire un monde plus juste.