Le dernier Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale français a été l'occasion de voir apparaître une terminologie de la «résilience» à laquelle la majorité des observateurs associaient, jusque-là, la résistance des matériaux ou les travaux de Boris Cyrulnik en psychologie. Dans les études stratégiques, le terme était peu connu et surtout cantonné aux travaux anglo-saxons. La Grande-Bretagne a adopté son Résilience Act en 2003, officialisant la résilience comme stratégie suivie par le gouvernement, précédant ainsi les Etats-Unis. Le sénateur Patrick Kennedy, plusieurs membres du Congrès, de même que plusieurs chercheurs militent pour son application, qui semble en bonne voie sous une Administration Obama qui paraît le soutenir.
Dans la pratique toutefois, peu de travaux ont été menés en français sur la question et, dans la foulée de la parution du Livre blanc, le concept a entraîné une certaine confusion. La définition qui en est donnée semble large: «La résilience se définit comme la volonté et la capacité d'un pays, de la société et des pouvoirs publics à résister aux conséquences d'événements graves, puis à rétablir rapidement leur fonctionnement normal, à tout le moins dans des conditions socialement acceptables [...].» Le concept est détaillé tout au long du document mais il semble déjà se départir de «la capacité d'une société donnée à encaisser les conséquences d'une crise majeure» généralement retenue par les experts britanniques.