A partir de l'année 2005, la revue Gradhiva est publiée par le musée du quai Branly, à raison de deux numéros par an. Fondée en 1986 par Michel Leiris et Jean Jamin, la revue est, à l'origine, l'organe d'expression du Groupe de Recherches et d'Analyses sur l'Histoire et les Variations de l'Anthropologie (d'où lui est venu son titre) - équipe de recherche du Centre National de la Recherche Scientifique et de la " section histoire de l'ethnologie " du musée de l'Homme. Son sous-titre, Revue d'histoire et d'archives de l'anthropologie, explicitait alors son programme. A l'occasion du lancement de la nouvelle série, le sous-titre de la revue devient : Revue d'anthropologie et de muséologie, sans pour autant que la revue ne change ni de vocation scientifique, ni de politique éditoriale. Son ambition demeure d'être un lieu de discussion sur l'histoire et les développements actuels de l'anthropologie tant à partir d'études originales que par la publication d'archives ou de témoignages. Surtout, elle continue de privilégier la réflexion à travers les relations texte-image. La revue demeure également ouverte à toutes les disciplines, comme l'anthropologie, l'esthétique, l'histoire, la sociologie, la littérature ou encore la musique. Le second numéro de la nouvelle série de Gradhiva consacre un dossier à Lucien Sebag, ethnologue élève de Claude Lévi-Strauss, disparu prématurément à l'âge de trente et un ans en 1965. Ce dossier, établi et présenté par Salvatore D'Onofrio, professeur à l'Université de Palerme, se propose de revenir sur le parcours de Lucien Sebag. Il évoque ses deux ouvrages, Marxisme et structuralisme et L'Invention du monde chez les Indiens pueblos, ainsi que l'analyse structurale des mythes et des rêves qu'il poursuivait, et présente ses recherches menées chez les Guayaki et les Ayoré en Bolivie et au Paraguay, à travers des extraits de manuscrits et des photographies de terrain.