Pour photographier une route qui n'existait pas, il fallait la tracer. Au début de l'année 2003, nous avons décidé de photographier l'Europe en suivant une route qui traverserait les vingt-cinq pays de l'Union, une transeuropéenne. La Nationale zéro. Une route photographique pour saisir des images de cet ensemble composé de singularités. Les dix portions de cet itinéraire imaginaire ont été tracées les unes après les autres. Avec une contrainte : s'arrêter tous les cinquante kilomètres et prendre une photo. Poser une borne photographique. Cette route ne figurait sur aucune carte. Elle commencerait à Chypre et se terminerait à Tarifa, en passant par les dix Etats entrants, inconnus, et par les quinze anciens, méconnus. La Nationale zéro n'est pas un sujet photographique. C'est un trait dans l'Union, dessiné en six mois sur 23 000 kilomètres. Le reste, l'essentiel, est affaire d'aléas. Le hasard a mis sous nos yeux des gens et des paysages, des histoires, des rencontres aperçues au bord de la route. Chacun s'y est frayé son chemin.