Extrait
Extrait de l'introduction
On aimerait connaître avec plus de détails un auteur dont Laborde rapporte que les ouvrages étaient appréciés. La renommée du sieur de Courbes s'est pourtant évanouie sans laisser de traces, au point que les Cantiques spirituels constituent les seules compositions musicales de cet auteur aujourd'hui préservées. Les informations jusqu'ici recueillies sur l'homme et l'oeuvre sont des plus succinctes et peuvent se résumer à un petit nombre de faits. L'édition originale des Cantiques spirituels, réalisée en 1622 par l'imprimeur de musique de Louis XIII, Pierre Ballard, n'est aujourd'hui accessible qu'au travers d'un seul exemplaire complet, conservé à la médiathèque de Troyes sous la cote S-11-2432 [Goy, p. 45, notice 135]. Le département de la musique de la Bibliothèque nationale de France en possède un autre, coté Rés. Vm.7 273, mais amputé des feuillets 1 et 4, et présentant une déchirure à l'angle inférieur externe aux cinq derniers feuillets. Grâce au catalogue des éditions publiées par les Ballard entre 1599 et 1673, récemment établi par Laurent Guillo, il est avéré qu'un autre volume de musique, aujourd'hui perdu, avait été édité sous le nom de De Courbes un an après les Cantiques. [Guillo, Ballard, volume II, p. 189] D'après les mentions s'y rapportant, on sait que ce volume comportait l'office du saint sacrement dans l'effectif inhabituel de cinq voix et luth, et que l'auteur avait pour prénom Charles, une information absente du recueil précédent. Plusieurs personnages portant le patronyme de De Courbes peuvent sans doute être mis en relation avec ce personnage. Un premier groupe rassemble des musiciens : les archives de la Sainte Chapelle dépouillées par Michel Brenet font apparaître en 1572 un certain Georges de Courbes, basse-contre, qui devient chapelain ordinaire le 25 juillet 1573, puis chapelain à Saint-Jacques-de-l'Hôpital. [Brenet, pp. 125-126] Des relevés effectués par Madeleine Jurgens dans le minutier central, il apparaît d'autre part qu'un de Courbes, prénommé Charles - peut-être notre compositeur -, demeurant à Paris rue Saint-Sauveur, était maître organiste en 1628, année de son testament. [Jurgens, volume II, p. 710] Le fils de Charles, Toussaint, est également mentionné comme organiste de l'église Saint-Sauveur dans un acte notarié daté de 1641. [Jurgens, volume I, p. 701] Un second groupe rassemble trois autres personnages importants en cette première moitié du XVIIe siècle, mais appartenant cette fois aux professions du livre, imprimeurs ou marchands libraires. Il s'agit tout d'abord de l'imprimeur libraire Denise de Courbes, épouse du marchand libraire Jean Camusat en 1624, puis associée de Pierre Le Petit à partir de 1643. II s'agit surtout des deux frères d'origine française Jérôme et Jean de Courbes, respectivement marchand libraire et graveur à Madrid, proches de la cour d'Espagne et plausiblement parents de Charles. Quant aux connaissances acquises sur De Courbes musicien, il convient d'en attribuer la primeur à Denise Launay (1906-1993) dont les travaux ont attiré l'attention sur les particularités des Cantiques, donnant l'impulsion première à la présente édition intégrale. Les deux anthologies musicales respectivement consacrées par Denise Launay au motet latin polyphonique en France (1963) [Launay, Motet] et au psaume français du XVIIe siècle (1974) (Launay, Psaume, volume I] contenaient les transcriptions de quatre pièces extraites des Cantiques Ces travaux sont à l'origine d'une transcription restée inédite de trois autres pièces [Desmet] ainsi que d'un enregistrement de l'ensemble Sagittarius dirigé par Michel Laplénie [courbes, psaumes].
On aimerait connaître avec plus de détails un auteur dont Laborde rapporte que les ouvrages étaient appréciés. La renommée du sieur de Courbes s'est pourtant évanouie sans laisser de traces, au point que les Cantiques spirituels constituent les seules compositions musicales de cet auteur aujourd'hui préservées. Les informations jusqu'ici recueillies sur l'homme et l'oeuvre sont des plus succinctes et peuvent se résumer à un petit nombre de faits. L'édition originale des Cantiques spirituels, réalisée en 1622 par l'imprimeur de musique de Louis XIII, Pierre Ballard, n'est aujourd'hui accessible qu'au travers d'un seul exemplaire complet, conservé à la médiathèque de Troyes sous la cote S-11-2432 [Goy, p. 45, notice 135]. Le département de la musique de la Bibliothèque nationale de France en possède un autre, coté Rés. Vm.7 273, mais amputé des feuillets 1 et 4, et présentant une déchirure à l'angle inférieur externe aux cinq derniers feuillets. Grâce au catalogue des éditions publiées par les Ballard entre 1599 et 1673, récemment établi par Laurent Guillo, il est avéré qu'un autre volume de musique, aujourd'hui perdu, avait été édité sous le nom de De Courbes un an après les Cantiques. [Guillo, Ballard, volume II, p. 189] D'après les mentions s'y rapportant, on sait que ce volume comportait l'office du saint sacrement dans l'effectif inhabituel de cinq voix et luth, et que l'auteur avait pour prénom Charles, une information absente du recueil précédent. Plusieurs personnages portant le patronyme de De Courbes peuvent sans doute être mis en relation avec ce personnage. Un premier groupe rassemble des musiciens : les archives de la Sainte Chapelle dépouillées par Michel Brenet font apparaître en 1572 un certain Georges de Courbes, basse-contre, qui devient chapelain ordinaire le 25 juillet 1573, puis chapelain à Saint-Jacques-de-l'Hôpital. [Brenet, pp. 125-126] Des relevés effectués par Madeleine Jurgens dans le minutier central, il apparaît d'autre part qu'un de Courbes, prénommé Charles - peut-être notre compositeur -, demeurant à Paris rue Saint-Sauveur, était maître organiste en 1628, année de son testament. [Jurgens, volume II, p. 710] Le fils de Charles, Toussaint, est également mentionné comme organiste de l'église Saint-Sauveur dans un acte notarié daté de 1641. [Jurgens, volume I, p. 701] Un second groupe rassemble trois autres personnages importants en cette première moitié du XVIIe siècle, mais appartenant cette fois aux professions du livre, imprimeurs ou marchands libraires. Il s'agit tout d'abord de l'imprimeur libraire Denise de Courbes, épouse du marchand libraire Jean Camusat en 1624, puis associée de Pierre Le Petit à partir de 1643. II s'agit surtout des deux frères d'origine française Jérôme et Jean de Courbes, respectivement marchand libraire et graveur à Madrid, proches de la cour d'Espagne et plausiblement parents de Charles. Quant aux connaissances acquises sur De Courbes musicien, il convient d'en attribuer la primeur à Denise Launay (1906-1993) dont les travaux ont attiré l'attention sur les particularités des Cantiques, donnant l'impulsion première à la présente édition intégrale. Les deux anthologies musicales respectivement consacrées par Denise Launay au motet latin polyphonique en France (1963) [Launay, Motet] et au psaume français du XVIIe siècle (1974) (Launay, Psaume, volume I] contenaient les transcriptions de quatre pièces extraites des Cantiques Ces travaux sont à l'origine d'une transcription restée inédite de trois autres pièces [Desmet] ainsi que d'un enregistrement de l'ensemble Sagittarius dirigé par Michel Laplénie [courbes, psaumes].