Depuis longtemps me trottait dans la tête l'idée d'effectuer la grande traversée des Pyrénées par la HRP. Seulement, j'attendais d'obtenir une mutation professionnelle dans mon Sud natal. Cela pour pouvoir entretenir une certaine condition physique chaque semaine, régulièrement tout au long de l'année dans la montagne Pyrénéenne. Cette mutation arrivant en septembre 2004, l'été 2005 était donc tout réservé pour l'accomplissement de ce périple. En février 2005, lors d'un stage d'initiateur randonnée raquettes avec la FFME (Fédération Française de Montagne et d'Escalade), je discute avec Paul qui lui aussi projette d'effectuer la traversée en 2005. L'homme, même s'il est retraité depuis une paire d'années, a une sacrée pêche. Nous échangeons nos coordonnées et quelque temps plus tard, je le recontacte. Aucun de nous n'a trouvé quelqu'un d'autre pour l'accompagner, il semble que l'esprit dans lequel nous voulons traverser les Pyrénées est le même, alors, même si nous n'avons eu l'occasion de marcher ensemble qu'une semaine, le projet en commun se concrétise. De plus, il possède une maison à une dizaine de kilomètres de chez moi, au coeur de l'Ariège, c'est donc presque un voisin. Plusieurs rencontres ont lieu pour la préparation. Paul se charge de redécouper les étapes du guide Véron avec des journées de marche beaucoup moins légères et en tenant compte de la disponibilité de l'eau le soir pour le repas et la toilette ainsi que des points de ravitaillement où il faudra un accès voiture. Il s'occupe également de calculer et répartir le bon nombre de calories à ingurgiter chaque jour grâce à un bouquin donnant les calories contenues dans tout ce qui se mange. Pour ma part, je nous procure les meilleures cartes existantes, mais il est impossible pour la partie espagnole de faire aussi bien que l'IGN Français. Après différents modèles, je me rabats un peu à regret sur les Alpina que j'avais juré de ne plus jamais utiliser. Je contacte les différents refuges Français et Espagnols pour savoir s'il sera possible de passer une coup de fil depuis chez eux (pour fixer le jour et l'heure du ravitaillement). Ce n'était pas toujours triste quand je tombais sur un espagnol ne comprenant pas le français et qui devait décrypter mon espagnol très approximatif. En effet, les jours et heures des ravitaillements sont définis par la progression que nous a préparée Paul, mais nous ne sommes pas à l'abri d'un retard ou autre. Il nous faudra ajuster et confirmer l'avant veille ou la veille au plus tard. Je passe également faire un tour au Vieux Campeur pour ramener un wagon de bouteilles de gaz, desserts lyophilisés et «repas complets». Grâce à des connaissances dans le monde médical, je nous récupère une pharmacie pour parer à toute éventualité.